15/07/2009
La couche de finition des enduits terre
18:22 Publié dans Enduits naturels et traditionnels | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28/04/2009
Les enduits terre, deuxième épisode (2/3) : le torchis
Après deux week-ends de chantier «éco-bénévole», une partie des enduits intérieurs est à présent réalisée. Nous avons appliqué un mélange de terre et de paille sur un mur qui avait reçu, il y a 3 mois, une première couche de barbotine de terre.
Il s’agit, ni plus ni moins, que du torchis, une technique de construction ancestrale, qui remonte au néolithique.
Dans un premier temps, on prépare une barbotine en mélangeant de la terre argileuse avec de l’eau (environ 2/3 de terre et 1/3 d’eau). La difficulté est d’arriver à dissoudre les mottes de terre dans l’eau pour obtenir une consistance liquide comme de la crème anglaise. On s’aide d’un malaxeur.
Ensuite, on foule la paille dans la barbotine de terre. La paille doit être bien enveloppée de barbotine, car c’est la terre qui va empêcher la paille de se putréfier. On peut mélanger à la main dans un bac, dans une cuve ou une baignoire, on peut aussi fouler le mélange au pied, ou mélanger à la bétonnière.
Il faut laisser reposer le mélange terre-paille pendant une nuit, il est alors plus «collant» et donc plus facile à appliquer sur le mur. Cela implique d’en préparer une grosse quantité à l’avance.
On applique alors le mélange terre/paille directement sur le mur. Si l’épaisseur de torchis est trop épaisse, on peut alors le coffrer avec des demi-canisses fixées sur des liteaux, comme c’est le cas ici (voir photos dans la rubrique «les enduits terre»).
On laisse sécher plusieurs semaines avant de réaliser une couche de finition (1 à 2 cm), qui va se craqueler et que l’on finira encore par une dernière couche.
Cela peut sembler long et fastidieux mais le jeu en vaut la chandelle : un mur enduit en terre apporte de l’inertie thermique, il régule l’hygrométrie. C’est une technique économique, écologique, très isolante sur le plan thermique comme sur le plan phonique. L’enduit terre est donc particulièrement agréable dans une chambre, puisqu’on est censé y passer près de 8 heures sur 24. On ressent déjà, dans la chambre où le mur en torchis a été réalisé, une ambiance douce et feutrée. Et sur le plan esthétique, le rendu est plus joli qu’un mur doublé en Fermacell.
Le prochain week-end de torchis est prévu les 1er, 2 et 3 mai. Espérons qu’avec le savoir-faire que nous avons acquis, nous irons un peu plus vite.
A suivre…
De nouvelles photos sont en ligne dans la rubrique "Album", catégorie "Les enduits terre".
19:50 Publié dans Enduits naturels et traditionnels | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22/03/2009
L’enduit traditionnel et la peinture «a fresco»
Un enduit extérieur a pour fonction d'imperméabiliser les façades.
Pour cette maison, il s'agit d'un enduit traditionnel réalisé sur un support de panneaux de Fibralith (ce sont des panneaux de fibres de bois agglomérées au ciment). Cette solution a été mise en œuvre parce qu'il n'existe pas de garantie décennale pour les enduits extérieurs réalisés directement sur la paille. Les enduits extérieurs d'une maison en paille sont généralement réalisés en terre lorsque la maison est auto construite (ce qui ne veut pas dire construite par elle-même - ce serait trop beau - mais par les particuliers destinés à y habiter). D'après l'enquête menée par le réseau "Empreinte", 35 % des projets de maisons en paille utilisent la terre comme enduit extérieur.
Ce n'est pas le cas pour le présent projet, puisqu'il est réalisé par une entreprise, donc soumis à des DTU.
Réalisé en trois couches, l'enduit traditionnel diffère de l'enduit mono couche (on dit souvent "crépis") qui - est-il besoin de le dire ? - se fait en une seule couche projetée.
Dans l'enduit traditionnel, les trois couches sont composées de chaux, de sable (on parle de la charge minérale) et d’eau, dans des proportions différentes. Le mélange est réalisé sur le chantier, à la différence des enduits prêts-à-l'emploi. La proportion de sable devient de plus en plus importante au fur et à mesure de l’avancement : la première couche («giclage» ou «gobetis») est chargée en chaux, elle est assez liquide et fine, la deuxième couche ("couche de corps") est plus épaisse, c'est celle qui permet de réguler l'hygrométrie. Enfin, la couche de finition a une fonction esthétique. Elle est colorée et finie selon les goûts et les traditions locales. On peut la colorer dans la masse, ou la peindre. Dans le cas présent, la finition choisie est un enduit taloché fin, de façon à obtenir une surface lisse qui permette l'application d'une peinture «a fresco».
La peinture «a fresco», dont le nom évoque immanquablement Leonardo, Michel Angelo, Raffaello, et toute la clique florentine de la Renaissance, est une technique de peinture murale qui consiste à appliquer des pigments dissous dans de l'eau sur un mortier pendant qu’il est encore humide, «fresco» étant un terme italien qui signifie «frais».
Extrait de l’ouvrage «Les enduits décoratifs» (voir rubrique «sources documentaires») :
« La matière première pour peindre a fresco se trouve dans la nature sous forme de pierres calcaires. La cuisson puis l’extinction transforment ce minéral en poudre fine. Mélangée à du sable et à de l’eau, appliquée en plusieurs couches sur le mur, la chaux redeviendra pierre. C’est pendant ce processus de carbonatation, avant que la pierre ne redevienne pierre, avant qu’elle ne se referme à jamais, qu’un peintre y exercera son art. Du pigment et de l’eau, la chimie est simple mais spectaculaire. Un pur moment de magie. »
Il existe d'autres méthodes pour imperméabiliser les façades : le bardage en bois ou en ardoises, par exemple.
Tout cela dépend des traditions locales, elles-mêmes apparues en fonction des matériaux disponibles sur place. Dans l'architecture contemporaine, on voit des bardages métalliques ou en résine de synthèse. Cela dépend aussi des goûts et des dispositions prises localement en matière d'urbanisme.
Ce genre de choix doit être annoncé dans la demande de permis de construire et conditionne son obtention.
Exemple de façade bardée d'ardoises. Ce sont souvent les façades ouest qui ont ainsi un parement, de manière à les protéger des intempéries amenées par le vent du Nord-Ouest.
20:43 Publié dans Enduits naturels et traditionnels | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18/01/2009
Les enduits terre : 1er épisode (1/3)
A l’intérieur de la maison, sur les murs qui ne sont pas doublés en Fermacell ® (c’est-à-dire les murs intérieurs des deux pignons et de la façade Sud), la paille est recouverte d’un enduit terre.
Cet enduit est réalisé en trois temps : d’abord une couche d’accroche (ou «gobetis»), puis une couche de corps, et enfin une couche de finition.
La première couche a été appliquée cette semaine (le 14 janvier 2009). Il s’agit d’une fine barbotine composée de terre argileuse et d’eau, le tout est assez liquide. On peut l’appliquer en «tartinant» la boue directement sur le mur, à la main, ou en la projetant à l’aide d’un compresseur. On peut aussi s’organiser pour faire cette couche d’accroche en amont, c’est-à-dire avant la mise en place des ballots de paille dans l’ossature bois. On fait alors une mouillette avec le ballot de paille qu’on trempe dans une baignoire remplie du mélange terre - eau. Une fois trempés, prévoir que les ballots sont un peu plus lourds à manipuler.
La couche d’accroche est en train de sécher, ce qui n’est pas évident, compte tenu du temps qu’il fait cette année en plein mois de janvier. On se croirait presque en hiver.
22:28 Publié dans Enduits naturels et traditionnels | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



















